Vivre sans certitudes, dans l'inquiètude des lendemains, se réveiller et s'endormir dans un flou absolu.
Comme marcher pas à pas dans l'obscurité la plus totale.
Se prendre des murs et des obstacles.
Essayer de les éviter mais comment faire quand on ne peut les voir préalablement?
Marcher sans lumière dans un tunnel.
Tâter les murs des doigts, toucher le sol des pieds pour tenter de ne pas tomber une fois de plus.
Avancer un pas après l'autre, sans se retourner, car c'est déjà plutôt bénéfique d'être arrivé là sans trop d'égratignures.
A quoi bon faire demi tour?
A quoi bon s'arrêter et se poser?
On ne voit pas la fin du tunnel.
Noir à gauche, à droite,derrière et devant soir.
Alors, continuer à avancer, en espérant trouver une porte ouverte ou une lumière quelque part.
Mais si on a quelqu'un à ses côtés au milieu de ce grand labyrinthe obscur, la route semble tout d'un coup moins compliquée, plus à même d'être effectuée.
Et si on tombe une fois de plus, l'autre sera là pour nous rattraper, pour nous éviter de tomber une seconde fois, pour nous consoler et nous rendre l'espoir qui s'amenuise.
Mais si on a quelqu'un à ses côtés, mais sans lumière, en marchant dans ce brouillard persistant, on se sent déjà plus fort, plus courageux pour continuer.
On ne se pose plus tant de questions: on avance à deux, pour le meilleur, pour le pire. Car quelle que soit l'issue qui sera nôtre, on sera deux pour y faire face, pour la subir ou en jouir.